Laisse Moi Rêver

Tag: fête

Yeepee

Griffonné par littlejuice le 18 mar 2009, dans Histoire d'un synapse

Un gobelet roule à mes pieds.
Je relève ma tête. Face à moi, plus d’une centaine de personnes se tiennent dans la rue. Ce soir, le vieux Lyon est envahit par une horde de joyeux lurons assoiffés de breuvages et de festivités. Et j’en suis. Pour être exact, j’avance dans la rue de Saint Jean. Tout autour de moi, ce sont rires, cris et chants qui résonnent. Le sourire s’affiche comme omniprésent et traverse les origines, les générations. Les amis se tapent l’épaule, les couples s’enlacent et s’embrassent. L’ambiance est gaie et joyeuse. L’ambiance est à la fête.

Hum. Ce qui est assez étrange dans ce pays où jamais personne n’est d’accord, c’est la facilité déconcertante dont les gens font preuve en faisant tous ensemble la fête, pour une raison ou pour une autre. Si la Saint Patrick s’assimile plus à une orgie qu’à une fête  en France, les irlandais locaux sont pourtant bien là pour mener la cadence. D’ailleurs, je me suis toujours demandé s’ils approuvaient le fait que des bouffeurs de grenouilles participaient à la leur fête nationale. En même temps, c’est pas comme s’ils avaient le choix.

Je commande la première pinte au St James. Quinze minutes d’attentes et de parcours. Ulysse lui même serait reparti dégoûté et aurait fini sa vie dans un atelier de poterie discount. Ce que j’ai fait, aucun être humain ne l’aurait fait. Enfin.. Euh si. Mais c’était dur quand même, d’abord.

La bière est bonne. Mes amis sont autour de moi. J’ai eu un teeshirt et un chapeau gratuit. Je suis le roi du monde. wouhou. Pourtant, je cherche quelque chose. Quelqu’un. Elle n’est pas venue. Tant pis. Je bois une autre gorgée et me dit que cela sera pour la prochaine fois. Dans un an..

Deuxième pinte, au James Joyce. Une nouvelle foule. Une nouvelle ambiance. Un type au premier étage branche ses enceintes sur le rebord de sa fenêtre et nous impose sa musique. Certains apprécient, d’autres moins. Je fais partie du deuxième groupe. A moins que Gala symbolise cette journée dans une religion païenne que je connais pas, je ne suis pas très fan.  Nous sommes maintenant dans une rue très étroite, où le passage se fait au milieu de la rue en forçant un peu. Nous restons un moment. Puis mes amis se séparent. Des fêtards viennent me parler. Je comprends pas ce qu’ils disent. Tain mais je ressemble vraiment à ça quand je bois autant ? Wow, bin merde. C’est impressionnant comment même les cerveaux les plus brillants se transforment en crétins congénitaux sous l’influence de l’éthanol. Enfin dans le cas présent, la transformation n’avait probablement rien de bien spectaculaire avec l’état initial. Les enceintes tombent, manquent de tuer quelqu’un mais tout le monde s’en fout. C’est la magie de la fête.

L’excursion continue, direction le bon vieux Johnny Walsch. Encore plus de monde, plus d’alcoolique. C’est une vraie déferlante multi génération qui agite la rue. C’est agréable. On se sent vivant. On se sent moins seul dans sa condition d’alcoolique en fait. J’entre dans le bar. Quel joyeuxbordel, tout le monde danse et transpire sur un groupe qui chante faux. C’est étouffant. On ressort. On se fait accoster de nouveau par des fous, des alcoolisés, des anglaises..

L’heure tourne. 2h00. Puis 3h. ça va être dur de se lever à 6h30 demain :/ Et la fête continue, les piétons ne marchent plus droits, braillent sans cesse, rechantent dans l’espoir d’entendre un canon, draguent tout ce qui a des pieds (parfois même ce qui en a pas). On croirait un spot contre l’alcoolisme mais en vrai. Je comprends pas pourquoi ils se font chier à tourner ces pubs avec des acteurs alors que là on en a des tout beaux qui jouent de façon très spontanée :)

L’heure avance. Je retrouve un ami allongé dans son vomi, un autre un peu plus loin.. On rentre. On tombe sur un film en plein tournage (? on a pas compris). Encore des gens, encore des gens…
Mouais. Cest dur à dire, mais des fois on prend un coup de vieux. L’alcool salit l’honneur, les vêtements mais aussi la vision des choses.

Elle n’était pas là. J’aurais aimé qu’elle soit là.

Je me sens différent. Tellement différent. Mais je sais pas de quoi. Enfin, on verra bien. Demain est un autre jour. Et j’aurai mal au crâne.

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Dans un vieux tiroir...