Laisse Moi Rêver

Nouvelles

Au royaume des fées

Griffonné par littlejuice le 14 nov 2008, dans Nouvelles

Une fee bleue

Une fée bleue

A travers de cette forêt verte et de ces feuilles argentées, je n’eus pas de mal à me frayer un chemin.

J’étais loin de penser que j’allais traverser ce petit bois, pourtant tout près de chez moi. Mais, au détour d’un virage, non loin de là, une de ces feuilles argentées se trouvait juste devant moi. En équilibre sur le trottoir et prête à tomber dans ce caniveau si sale. Telle une bulle bercée par le vent, il fallait que je l’empêche de tomber dans cette suie si noire, qui aurait sans doute abîmé la délicatesse de ce joyau végétal.

Je m’accroupis. Puis, délicatement, approcha ma main et déploya mes doigts fins pour prendre en douceur l’extrémité de cette tige si douce. Fatalement, mon écharpe se déroula et se mit à tremper dans le caniveau que ma feuille avait évité. Quelle ironie. Je remis mon écharpe bien qu’elle fut imbibée de cette goudronneuse liqueur. Je me mis à contempler ma petite protégée. Elle était luisante, comme s’il se dégageait une aura faite de lumière qui traçait le contour de ces délicates folioles.

En l’inclinant vers moi, je n’eu aucun mal à apercevoir mon reflet. Je crois que les miroirs pouvaient être jaloux. En effet, je me vis baigner dans cette lumière si apaisante, si douce, mais aussi si étrangement chaude. Imaginez votre reflet dans une mer d’argent, saupoudrez de lumières dorées et ajoutez y une pincée de lumières bleutées. Je crois que je l’ai regardé pendant quelques minutes. Hypnotisé, il me fut impossible de quitter de mes yeux émerveillés ce délice pour rêveur.

J’aurais dû faire plus attention. Tenant ma feuille sur mes deux mitaines, un coup de vent me l’emporta. Je dus courrir pour la suivre, courrir, courrir, ne plus m’arrêter une seconde, à en perdre haleine…
Et finalement le vent posa ma perle des bois, juste devant cette fôret…

A travers de cette forêt verte et de ces feuilles argentées, je n’eus pas de mal à me frayer un chemin.

J’étais loin de penser que j’allais traverser ce petit bois, pourtant tout près de chez moi. Mais, au détour d’un virage, non loin de là, une de ces feuilles argentées se trouvait juste devant moi. En équilibre sur le trottoir et prête à tomber dans ce caniveau si sale. Telle une bulle bercée par le vent, il fallait que je l’empêche de tomber dans cette suie si noire, qui aurait sans doute abîmé la délicatesse de ce joyau végétal.

Je m’accroupis. Puis, délicatement, approcha ma main et déploya mes doigts fins pour prendre en douceur l’extrémité de cette tige si douce. Fatalement, mon écharpe se déroula et se mit à tremper dans le caniveau que ma feuille avait évité. Quelle ironie. Je remis mon écharpe bien qu’elle fut imbibée de cette goudronneuse liqueur. Je me mis à contempler ma petite protégée. Elle était luisante, comme s’il se dégageait une aura faite de lumière qui traçait le contour de ces délicates folioles.

En l’inclinant vers moi, je n’eu aucun mal à apercevoir mon reflet. Je crois que les miroirs pouvaient être jaloux. En effet, je me vis baigner dans cette lumière si apaisante, si douce, mais aussi si étrangement chaude. Imaginez votre reflet dans une mer d’argent, saupoudrez de lumières dorées et ajoutez y une pincée de lumières bleutées. Je crois que je l’ai regardé pendant quelques minutes. Hypnotisé, il me fut impossible de quitter de mes yeux émerveillés ce délice pour rêveur.

J’aurais dû faire plus attention. Tenant ma feuille sur mes deux mitaines, un coup de vent me l’emporta. Je dus courrir pour la suivre, courrir, courrir, ne plus m’arrêter une seconde, à en perdre haleine…
Et finalement le vent posa ma perle des bois, juste devant cette fôret…

Mon petit bijou chlorophyllé était là. Juste par terre, devant moi.

Je levai la tête. Jamais ce tout petit bois ne m’avais apparu aussi grand. Ce petit espace vert, situé en haut de la seule colline de ma ville, formait le dernier bastion de verdure de cette immense cité.

Je m’y suis déjà aventuré une fois, je ne me souviens plus très bien, j’étais très jeune. Il ne m’en reste que des bribes . Il faut dire que j’avais un petit peur tout seul. A vrai dire, j’étais même terrorisé par tous les petits bruits de la forêt. Pourtant, au fil du temps, ces petits bruits sont devenus mes amis. Ils me protégent chaque jour un peu plus.
Mais là, j’avais comme un pressentiment…

Ma feuille n’avait pas bougé depuis sa course avec Eole. Patiemment elle attendait. Du moins, je suis sûr qu’elle attendait. Qu’elle m’attendait. Je me penchai donc pour la ramasser une seconde fois. Mais soudain, à peine mes doigts furent en contact avec elle, qu’elle s’envola de nouveau. Et fonçait en plein dans ce bois. Dans le bois.

Une brise chaude me caressa les cheveux. J’aurais juré que cette brise me chuchotait à l’oreille : “Vas-y ! Entre, n’aie pas peur… “. Je ne suis pas d’un naturel craintif, mais méfiant. Mais il planait dans l’air une sensation agréable et douce.
Je pénétrai dans la forêt.

Les feuilles mortes craquaient sous mes pas lourds et imprécis. J’avançais, sans savoir vraiment où et pourquoi. Il s’agissait d’une forêt de grands chênes, ces arbres majestueux et centenaires m’inspirait le respect et la sagesse. Un arbre sage ? Aussi incongru que cela puisse paraître, oui. Leur persévérance à rester en vie, à lutter, à s’adapter pour continuer encore et encore toujours ce même cycle. Avez vous déjà vu un arbre qui ne voulait plus vivre ?

Au fur et à mesure que je marchais, les feuilles mortent se firent de plus en plus rares pour laisser place à de l’herbe fraîche. Une herbe si verte et légèrement humide, une herbe qui… Je n’ai pas pu résister. J’ai enlevé mes chaussures et j’ai continué pieds nus. Quelle sensation agréable ! Un véritable délice pour celui qui a le peton délicat. Une caresse fraîche qui parcourt chaque orteil d’un bout à l’autre d’une décharge de douceur, tout en massant le reste du pied.

Je continuai. Face à moi, je ne vis rien d’autre que des arbres de plus en plus imposants. Certains possédaient un tronc qui devait faire trois fois mon torse. La brise me suivait toujours, et m’entraîna de plus en plus profond dans cette fôret maintenant immense.

Soudain, je m’arrêtai. Un brin d’herbe, juste à mes pieds, attira mon attention. En effet, il bénéficiait d’une étrange particuliarité. Il était argenté. Un brin d’herbe argenté. De toute évidence, jamais je n’aurais pensé qu’une chose pareille était possible. Ma feuille a dû emprunter ce chemin, pensai-je. Je continuai.

Plus loin, ce ne fut plus un brin, mais une touffe de verdure. Une touffe d’herbe dorée. Je frémissai. Je me mis à courrir de nouveau. De plus en plus vite. Je voulais savoir ! Mais où suis je ? Qu’y a t-il au bout ? Je n’osai y croire. Plus je filais, plus le décor fut surprenant. D’autres touffes d’herbes argentées. Dorées. Un arbre resplendissant. Deux arbres. Trois arbres. Des milliers de feuilles dorées se mirent à tourbillonner dans ma course effrénée, l’herbe était devenu un tapis d’or et d’argent, toujours aussi douce, mais de plus en plus magnifique. Essouflé, je m’arrêtai.

Chaque arbre, chaque branche, chaque feuille, chaque brin d’herbe, chaque racine, chaque radicelle…
La forêt était maintenant entièrement dorée et argentée…

Mes yeux scintillaient de mille feux.

J’aurais eu un interlocuteur, celui-ci aurait été, sans aucun doute, dérouté par le feu d’artifice de lumières qui se reflètait sur la prunelle de mes yeux. De subtiles touches d’or, d’argent, de rubis et d’éméraude dansaient autour de moi, dans un ballet digne du sublime. Un ballet ? En réalité, non. C’est en silence que toutes ces couleurs se déplaçaient lentement, alliant ainsi la grâce et la beauté du muet. Afin de comparer, il faut imaginer une nuit où la neige tombe abondamment, où chacun de ces flocons de neige émanent une forte lumière colorée différente.

C’est à travers cette tempête de lumière, que j’aperçus brièvement une silhouette au loin. D’une première apparence, il s’agissait d’une silhouette féminime. Mais au deuxième coup d’oeil, je ne fus plus trop sûr de mon coup. Intrigué, de mes pieds nus j’avançai petit pas par petit pas, en direction de l’ombre inconnue. Une fois suffisamment près pour voir sans être vu, je me suis accroupi dans l’herbe argentée. Myope de nature, je distingue mal les formes, mais en fronçant un peu mes yeux, il m’est quand même possible d’observer ce qu’il se passe. Et en fronçant les yeux, je l’ai vue. Là, quelques mètres devant moi, se tenait une jeune femme aux longs cheveux noirs satinés de vert.

D’une assez grande taille, les seins et pieds nus, elle ne portait qu’un simple tissu de soie, vert émeraude, qui lui couvrait uniquement les hanches et le bas du ventre. J’étais assez près pour apercevoir une multitude de tâches de rousseurs, qui ornaient un visage très fin d’une beauté rare. Ses cheveux descendaient jusqu’à ses cuisses et cachaient entièrement son dos, que je devinais superbement dessiné. Je ne vis pas ses yeux, mais il fallait que je reste vigilant, je préfèrais éviter le contact avec cette femme des bois. Je l’observais. Apparemment, elle ne m’avait pas remarqué. Elle regardait un arbre, un arbre en train de mourir. C’était un chêne. Son tronc, large et puissant avait séché. Ses feuilles semblaient être les seules de la forêt à ne pas briller. La jeune femme caressait lentement l’arbre, de la manière qu’on cajole un enfant malade. Je ne pouvais toujours pas apercevoir ses yeux, mais seulement une joue. Des larmes coulaient. Elle pleurait. D’ampathie, je frissonnai. Je n’étais pas très à l’aise. En silence, je me retournai. Lorsque que, juste à hauteur de mes yeux, flottait en l’air, la feuille. Ma feuille. Cette feuille que j’avais trouvée sur le trottoir.

Malgré toutes ces feuilles autour de moi, difficile de l’oublier, elle reflètait le même visage entouré de lumière que la première fois : mon visage. Ce n’est pas vraiment une chose courante. Alors que je tentais de m’évader de mon voyeurisme, ma feuille se mit à voleter à toute vitesse en direction la jeune femme. Celle-ci se retourna brusquement et la feuille se posa délicatement dans sa main. On fit face. Inéluctablement, elle me vit. Je ne m’étais pas trompé, elle pleurait.. Jamais je n’aurais pensé que pareils yeux pouvaient exister. D’un vert profond, d’un vert envoûtant, ce vert qui hypnotise et fascine, ce vert qui regorge de secret, ce vert que j’aime… D’un coup, d’immenses ailes se déployèrent dans son dos. Ailes qui auparavant restaient cachées sous sa longue chevelure. Transparentes et à la fois colorées, ces ailes traçaient à elles seules, le plus beau tableau du monde. Mais un réflexe humain, celui de n’avoir jamais vu une telle créature autre que dans mes rêves, me fit prendre la fuite.

Je courus dans la direction opposée, courus de toute mes forces, emportant les feuilles dans mon passage… Mais quelque chose m’attrapa l’épaule. C’était une autre belle femme, munie également d’ailes. A la différence de la première qui devait préférer le vert, celle ci portait un tissu en soie rouge, des cheveux satinés de rouge, des yeux rouges, des ailes transparentes rouges… Elle me saisit par mes épaules et me ramena devant la première, en voletant. Elle se posa en douceur derrière moi. Ma beauté aux yeux verts me regardait l’air intriguée. Des bruits se firent tout autour de moi. D’autres silhouettes apparurent, cette fois-ci par dizaines.

Je fus vite entouré d’une centaine de ces créatures colorées.

Je ne suis pas vraiment peureux au naturel. Au contraire, j’ai plus tendance à foncer dans le tas et à voir ce qu’on peut en tirer. Mais là, j’étais seul, au milieu d’un cercle de femmes aux milles et une couleurs. Des femmes très belles oui, mais des femmes pourvues d’ailes ! Dans mes rêves, les fées c’était un peu comme la fée clochette, c’est à dire minuscule, qui fait de la poudre quand elle bouge (ou quand on la secoue) et qu’on peut faire tenir dans une bouteille… Autour de moi, j’avais plein de modèles différents d’environ un mètre soixante-dix. Toujours dans mes rêves, ces fées étaient plutôt sympathiques, et captivantes. Ici, le côté sympathie me parut un peu léger, par contre le côté captif un peu trop présent à mon goût. Dans le fond, je ne savais pas ce qu’elles me voulaient. Mes bras tendus le long de mon corps, je serrai les poings, prêt à me défendre.

Un silence se fit.

Une légère brise se leva. Elle fit vaciller les ailes de mes geôlieres, laissant dégager de leurs ailes, la poudre magique que j’attendais. Je contemplai la scène. Ces centaines de visages, ces centaines de magnifiques visages, qui me scrutaient, l’air curieux et de ces yeux ébahis. Ces yeux. Ces yeux. Chacune de ces fées possèdaient un regard aux couleurs différentes. Des yeux verts ici, des yeux bleux là, des yeux noirs par ici, des yeux bruns par là… Mais toutes les couleurs avaient leur place. Ainsi il y avait également des yeux oranges, des yeux rouges, des yeux violets, des yeux roses, des yeux jaunes… On aurait dit, une palette de couleurs. Une immense palette de couleurs vives, aussi superbes que captivantes. Comme les deux premières fées, chacune de ces centaines d’êtres portaient cette jupe de soie assortie à la couleur des yeux de sa propriétaire. Idem pour les cheveux, mais aussi pour ces petites spirales dessinées sur leur joues. Inévitablement, je ne pu me retenir de me pincer, histoire de savoir si Morphée n’était pas dans le coin.

Je me demandai ce qu’elles pouvaient penser. Je suis imaginatif. Parfois trop. Je n’eus pas de mal à deviner leur pensées :
“- Il nous a vu, il doit mourir”, ou peut être bien :
“-Il est rentré dans la forêt maudite, il va payer pour ses péchés”
“-Viens par là, beau brun”
“-Crève, charogne.”
“-Vous avez du feu ?”
“-C’est à cette heure-ci que tu rentres?”
Bref, je m’égare assez vite…

Devant moi se tenait toujours la fée verte, le regard fixé sur moi. Elle tenait toujours précieusement la feuille d’argent, cette feuille qui m’a fait venir jusqu’ici.
Soudain, cette même feuille se mit à léviter. La fée verte la lâcha comme on laisse un papillon s’envoler. La feuille se remit à hauteur de mes yeux. Brusquement, en un éclair de lumière, cette feuille avait disparu et laissa place à une autre fée. Une fée encore plus belle que toutes les autres. Une fée argentée. A l’instar des autres, ses yeux me reflètaient sur ses pupilles argentées. Ses longs cheveux cachaient à peine sa poitrine dénudée et tombait sur ses hanches si précieuses. Elle s’approcha de moi. De plus en plus près. Je fus tétanisé. Lentement, très lentement, ses lèvres brillantes s’approchèrent de mon front, et me donnèrent un baiser. Elle reprit ses distances, et me souria. A cet instant précis, toutes les fées se mirent à sourir également. Je fus apaisé.

Mon écharpe, toujours trempée chuta à terre. Afin de la ramasser en gromelant, je me baissai et me redressai.
Je sais pas si ça vous arrive, cette sensation d’avoir rêvé, cette sensation d’avoir déjà vécu cette scène, cette sensation étrange de ne pas avoir contrôlé ce qui s’est passé. Et bien en l’occurence, il n’y avait plus personne devant moi. Disparues, les fées. Disparue l’herbe argentée. Je me trouvais bien dans la même forêt, mais l’herbe était bien verte, les arbres bien bruns, et je ne vis aucune de ces fées. Aucun petit bout d’aile. Rien. Rien d’autre que les bruits de la forêt. Si. Un détail. Cet arbre mort auparavant, sur lequel la fée verte pleurait, était tout ce qu’il y a de plus vivant. J’aurais pu sentir la sève couler à flot dans son tronc et ses branches. Ressucité ? Etrange…

Je pris le chemin du retour, en n’essayant de ne pas trop penser à ma récente expérience. Je sais que mon collocataire fait du café fort mais quand même. Que s’était-il vraiment passé ? Ai-je vraiment vu ce que j’ai vu ? Ne pas en parler, à personne. A personne. Ne plus ramasser ces feuilles sur le pavé.

Un peu plus loin, je m’aperçu que mon écharpe avait, miraculeusement, séchée.

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Dans un vieux tiroir...